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Dire que la maîtrise du temps réel est devenue un argument marketing des néo-banques et des établissements de paiement dans leur campagne d’acquisition de clients (particuliers ou entreprises) sonne aujourd’hui comme une évidence.

Il y a plus de deux ans , nous nous interrogions sur la perception du temps réel par les consommateurs ; nous en tirions comme conclusion que cette perception tenait principalement à l’instantanéité et à la qualité des informations, notamment celle du solde de compte, délivrées par tous les canaux.

Que constatons-nous aujourd’hui ? Les établissements de crédit ont dans leur ADN la proposition de valeur que constitue la mise en place d’une facilité de caisse, davantage que le blocage d’une opération susceptible de faire passer le solde du compte en négatif. Certains d’entre eux, néanmoins, ont bien compris tout le bénéfice d’une information en temps réel des opérations.

C’était déjà depuis quelques temps le cas du virement sortant, initié par le titulaire d’un compte de paiement depuis son espace de banque en ligne qui, une fois validé, voit sa position de compte décrémentée du montant du nouvel ordre, au titre des « opérations en attente ».

C’est plus récemment le cas des opérations par carte soumises à une demande d’autorisation remontant vers un Serveur d’Autorisation Emetteur (S.A.E.) qui, plutôt que de venir contrôler un fichier des soldes veille, appelle l’application de tenue de compte du core banking system afin de vérifier la capacité de celui-ci à accepter l’opération de retrait ou paiement se présentant.

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Parcours d’une demande d’autorisation

Maîtrisant les protocoles d’échange monétique en temps réel (ISO 8583 aujourd’hui, demain Nexo…), cette démarche a de nombreuses vertus pour un établissement de crédit.

Tout d’abord, elle améliore la maîtrise des risques de l’émetteur de carte :

  • Au moment de la transaction, il y a des contrôles  sur les données carte et compte, permettant, par exemple, de bloquer un porteur sans avoir à déléguer cette action au S.A.E.
  • La position minute du compte du porteur des opérations autorisées est décrémentée, afin d’avoir une position de compte auxiliaire « au plus près ».
  • Le « délai de rétention » est paramétrée au plus juste dans la position minute des « autorisations délivrées non compensées », en attente de retour de compensation.

Ensuite, les impacts sur l’architecture du système d’information sont très limités, car ce dispositif n’induit aucun changement sur l’ordonnancement des flux batch et le traitement comptable de fin de journée.

L’expérience client utilisateur n’est pas non plus chamboulée, si ce n’est que le client peut être conduit à prendre conscience de la réduction du décalage dans la prise en compte de certaines opérations et à modifier son comportement en conséquence…

Enfin, last but not least, ce dispositif constitue une étape incontournable dans la réponse des établissements financiers à l’attente prioritaire d’un accès en temps réel au solde exact de son compte. Selon plusieurs études, il s’agit là d’une attente forte des consommateurs :

  • près d’un utilisateur sur deux de services de banque en ligne selon l’étude « Le numérique dans les parcours et l’expérience clients » réalisée en janvier 2017 par Next Content pour le compte de SAB et de CGI
  • par 70% des jeunes interviewés début 2018 par Galitt pour alimenter son livre blanc « le secteur bancaire face au mythe des millenials ».

Voilà comment les établissements de crédit peuvent répondre à leurs clients en attente d’une plus grande transparence et d’une meilleure maîtrise de leur compte au quotidien. Voilà aussi comment riposter aux promesses des néo-banques et des établissements de paiement.

Un établissement de crédit, AXA Banque, l’expérimente aujourd’hui, à l’appui du core banking SAB AT.

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L’expérience client