SchémaMobilitéBancaire

Près de 15 000 comptes bancaires sont transférés chaque jour en France. Un chiffre non négligeable. La loi Macron sur la mobilité bancaire ? Un véritable enjeu d’acquisition pour les banques.

Les Français et la banque principale : une volatilité qui pourrait s’accentuer

Actuellement, les Français changent peu souvent de banque principale.
Selon l’étude Next Content pour GMC Software réalisée au cours du mois de janvier 2016 auprès de 1 000 Français, représentatifs de la population connectée à Internet (suivant les critères d’âge, de sexe et de CSP), 37% des Français connectés n’ont jamais changé de banque principale. Ils ne sont que 35% à avoir changé au moins 2 fois au cours de leur vie.
Et parmi ceux qui ont déjà changé de banque principale, seuls 19% l’ont fait dans les deux dernières années.
Cette proportion atteint 43% chez les moins de 35 ans (dont 18% l’ont fait depuis moins d’un an).
Pourtant, un quart des français connectés interrogés montrent une intention de changer de banque dans les 6 prochains mois.
Ceci peut s’interpréter comme un message d’alerte par rapport aux services rendus par leur banque principale actuelle.
La fidélité constatée apparaît donc, pour une part importante des clients, comme contrainte.
Dès lors que le changement d’établissement bancaire sera perçu comme encore plus simple, du fait de la réglementation et des services proposés en la matière, la volatilité de la clientèle bancaire pourrait donc s’accentuer.
Un quart des français connectés montrent une intention de changer de banque dans les 6 prochains mois, mais seuls 4% de manière très certaine. Les hauts revenus (3 000 euros net mensuels pour le foyer ou plus) sont plus enclins à changer de banque.
La qualité des services Internet est importante ou décisive pour plus de 70% des clients. Les plus jeunes se montrent plus sensibles à ce qui est spécifiquement proposé sur mobile.

Mobilité bancaire Loi Macron : quelles finalités pour les banques ?

L’article 43 de la loi Macron sur la mobilité bancaire qui entrera en vigueur le 6 février 2017 doit permettre au client souhaitant changer de banque, de faire appel à un service de transfert automatisé de sa domiciliation bancaire, mis en place dans sa banque d’accueil.
En 2014, 50 millions de personnes physiques âgées de plus de 18 ans détiennent 80 millions de comptes de dépôt/paiement en France.
Sans parler des intentions de changer de banque, en 2014, 4,5% des français ont changé de banque contre 10% en moyenne en Europe (cf rapport Inès Mercereau de novembre 2014 sur la portabilité du compte bancaire).
Il s’agit ainsi du transfert de 14 400 comptes par jour ouvré, qui sont traités par les banques, ce qui constitue un volume qu’aucun établissement ne peut négliger.
C’est aussi une opportunité pour les banques de se différencier afin de conquérir de nouveaux clients en proposant un éventail élargi de services autour de la mobilité tels que :

  • Prise en charge des moyens de paiements, comptes d’épargne, comptes titres,…
  • Prise en compte des transferts internationaux , transferts intra-réseau et intra-groupe.
  • Prise en charge de la clientèle professionnelle ou entreprise.

Le premier établissement à proposer le nouveau dispositif risque de marquer un point décisif, par l’obtention de la Banque de Départ des informations sur le fonctionnement du compte du client « en mobilité ».

Un nouveau dispositif à gérer pour les banques …

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Le dispositif institué par la loi Macron, se caractérise par…

  • un échange d’informations entre banques, induisant un grand nombre de ruptures de charge, de l’ouverture du dossier de mobilité jusqu’à l’information du créancier donneur d’ordres, chaque étape étant soumise à des délais réglementaires.

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  • le recours à une plate-forme d’échange des messages entre banques, la messagerie SEPAmail, nécessitant une adhésion préalable de l’établissement à SEPAmail et le choix d’un prestataire technique référencé pour le routage des flux.
  • … donnant l’opportunité aux opérateurs de mobilité et aux éditeurs, d’offrir aux établissements bancaires une nouvelle prestation à valeur ajoutée, associant contenant et contenu.

… qui pose la question de l’extraction des données de mobilité et de leur mise au format des flux normés …

Le nouveau dispositif nécessite d’automatiser l’extraction des données du compte du client en mobilité dans les applications métier du système d’information et de les mettre au format des flux normés par le CFONB.
Ces flux sont alors mis à la disposition d’un prestataire en charge du routage via la messagerie SEPAmail, ce qui nécessite la mise en place d’un interfaçage entre le système d’information et la plate-forme du prestataire technique référencé.

… et du processing digital du dossier de mobilité, qui se conjugue souvent avec le routage des flux.

Le processing digital permet de dématérialiser le processus d’enrôlement du client souhaitant bénéficier du nouveau dispositif et de lui donner accès au suivi de l’avancement de son dossier par les canaux digitaux. En cela, il constitue un élément d’attraction du client et de différenciation entre les établissements.

Conclusion

Combiner l’extraction des données de mobilité à un processing digitalisé du dossier confère à l’établissement un pilotage « dual » : cela permet de confronter en permanence la vision Banque du dossier apportée par le système d’information à la vision Client donnée par l’outil de front-office, le lien entre les deux étant assuré par les données de routage des flux SEPAmail du processeur.
Cette combinaison gagnante permet en outre à l’établissement de conserver au cœur de son système d’information les données de mobilité bancaire des clients « entrants » et « sortants » et de les exploiter ensuite afin d’optimiser son « expérience client ».