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Alors que la mobilité bancaire loi Macron[i] souffle ses deux bougies, de l’avis général, les éditeurs se sont mobilisés et ont « joué le jeu » engageant des investissements importants pour permettre à leurs clients d’être au rendez-vous du 6 février 2017.

A leur tour, les établissements des territoires d’outre-mer que sont la Nouvelle Calédonie, la Polynésie Française et les îles de Wallis et Futuna se préparent à son entrée en vigueur pour le 1er juillet 2019.

Il est donc éclairant de s’arrêter un instant sur le retour d’expérience de certains établissements métropolitains.

Les principales difficultés ont tenu à 2 aspects complémentaires :

  • L’adaptation du système d’information (SI) des établissements permettant l’extraction des données requises par la réglementation et la constitution des flux normés par le CFONB.
  • Les premiers pas de la messagerie Aigue-Marine de SEPAmail[ii] qui permet l’échange des flux entre les établissements bancaires « atteignables ».

Sur le premier aspect, les retours varient selon que l’établissement adresse exclusivement une clientèle de particuliers, auquel cas son rôle « se limite » à ceux de « banque d’arrivée » et son pendant « banque de départ » ou qu’il adresse aussi une clientèle d’entreprises, auquel cas il endosse le rôle de « banque d’émetteur ».

En effet, dans le second cas, l’enjeu d’automatisation des traitements s’est avéré d’entrée de jeu essentiel au regard des volumes de flux 4 à traiter.

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A titre d’exemple, un établissement comme Banque Palatine traite chaque mois plusieurs milliers de flux de mobilité vers sa clientèle d’entreprises, émetteurs de prélèvements vers des comptes particuliers en cours de mobilité. L’automatisation est utile pour éclater le flux 4 en autant de flux 5 que de créanciers distincts à informer, mais aussi dans le formatage d’un document pdf restituant les informations à prendre en compte qui est aussitôt posté sur la page du créancier au sein du portail web de la banque.

A contrario, pour un établissement ayant une clientèle de particuliers, l’enjeu est davantage dans la variété des outils d’interface proposés, que ce soit pour permettre la création du dossier de mobilité via une application externe avant de l’importer au cœur du SI ou d’informer le client « en mobilité » de l’avancement de son dossier via le site web ou l’application mobile de la banque.

Dans le rôle de banque de départ, cet enjeu est tout autant essentiel pour tirer parti des 5 jours dont elle dispose, avant d’envoyer les données requises à la banque d’arrivée. Dès la réception du flux, il s’agit d’informer le service client ou le conseiller de clientèle pour lui faire part de la démarche de son client en vue d’établir un contact avec lui. Pouvoir interfacer le module métier Mobilité Bancaire à un outil de centralisation des alertes apparaît donc déterminant afin de mieux comprendre les intentions de son client sur le départ.

L’étape incontournable dans le traitement d’un dossier entrant, c’est donc de pouvoir rattacher celui-ci à l’agence gestionnaire du compte objet du dossier de mobilité.

En ce qui concerne les premiers pas de la messagerie Aigue-Marine, de souvenir de prestataire technique SEPAmail, ils furent laborieux si l’on retient que le taux de réponse au flux 2 par un flux 3 restituant un dossier complet, tel qu’observé au démarrage, était de l’ordre de 40% pour atteindre un seuil de croisière de 80% plusieurs mois après.

Au final, un des souvenirs les plus marquants, restant encore aujourd’hui dans la mémoire des établissements ayant fait l’acquisition du module Mobilité Bancaire de SAB, c’est le fait d’avoir répondu présent le jour du rendez-vous du 6 février 2017.

[i] Qu’est-ce que le service d’aide à la mobilité bancaire ? https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F33881

[ii] http://documentation.sepamail.org/wiki/AIGUE-MARINE