Tempsréel_FR

Quelle est la perception du « temps réel » par les consommateurs ? Comment les établissements bancaires et les nouveaux acteurs répondent-ils aux enjeux du « temps réel » ? Quelles sont les conséquences sur leur organisation ?

  1. La mise à disposition d’informations ou de services instantanées

L’instantanéité de l’information correspond au comportement des jeunes consommateurs d’aujourd’hui, futurs clients des banques de demain : « avoir l’information ou le service quand je veux, où je veux ».

La mise à disposition d’informations instantanées peut se faire :

  • En mode ‘push’ avec des moyens assez classiques (ex : je suis informé par SMS de toute opération bancaire). Ce n’est pas si fréquent, les banques même si elles ont cette information ne la « push » pas systématiquement vers leurs clients. Très peu même de banques le font.
  • En mode ‘pull’, c’est-à-dire en allant chercher l’information quel que soit le canal possible (web, mobile) ; cette méthode est beaucoup plus répandue.

En matière de services à valeur ajoutée temps réel, la possibilité d’ouvrir un compte en temps réel est assez répandue aujourd’hui. Ce qui l’est moins, c’est de pouvoir souscrire et récupérer  une carte immédiatement (l’acheter, faire un versement et l’utiliser aussitôt chez les distributeurs ou les commerçants) ; à ce titre, on peut signaler l’initiative originale du Compte Nickel qui permet d’avoir ce service immédiat, en bureau de tabac.

L’autre service à valeur ajoutée, plébiscité surtout par les étudiants, touche aux paiements instantanés de particuliers à particuliers via le mobile à travers des cartes bancaires qui sont enregistrées sur les mobiles. Nous sommes convaincus de l’intérêt pour les banques à monter des partenariats avec des Fintech pour offrir à leurs clients ce type de services. C’est le cas à l’instar du service Lydia plébiscité par les étudiants qui gagnerait à entrer systématiquement dans un kiosque de services bancaires.

 

  1. La tenue d’une position des comptes au plus juste

La réponse aux enjeux du temps réel passe par une amélioration de la qualité de l’information instantanée délivrée et notamment celle de la donnée sensible qu’est la position « minute » du compte courant bancaire qui intègre toutes les opérations au moment de leur exécution ou au plus près de leur exécution.

La position minute consolide le dernier solde comptable connu avec les opérations enregistrées ou validées mais non comptabilisées depuis, au débit comme au crédit du compte.

Cette position permet d’avoir une approche de son solde au plus près de la réalité. Elle permet également de contrôler le risque puisque quand une opération va se présenter au débit du compte, on va pouvoir contrôler si la provision du compte est disponible. A ce titre, les établissements de paiement sont très concernés par cette notion car ils n’ont pas le droit d’avoir des comptes débiteurs et donc la tenue en temps réel de la position minute est fondamentale pour eux.

La position minute est une donnée sensible qui n’est pas forcément tenue temps réel pour tous les moyens de paiement utilisés par le client, car elle est mise à jour par les opérations, de façon différente selon qu’on a à faire à des transactions cartes ou des virements/prélèvements.

  • Sur les transactions cartes, la position minute est mise à jour chaque fois qu’on utilise la carte ; le serveur d’autorisation interroge la banque pour savoir si la position minute permet de faire l’opération et aussi pour la mettre à jour. Encore faut-il que l’autorisation soit émise par le terminal de paiement ; ce n’est pas toujours le cas, et ce n’est pas valable pour toutes les opérations. Par exemple, dans les péages d’autoroute ou dans les distributeurs automatiques de carburant, on sait que l’autorisation en temps réel n’est pas toujours possible, et donc, dans ces cas, on va utiliser la carte sans consulter et sans mettre à jour la position minute. Il faut également que les serveurs d’autorisation interrogent la banque, ce qui n’est pas si fréquent que cela. Dans un certain nombre de banques encore aujourd’hui, les banques envoient au serveur d’autorisation des positions veille et ne permettent pas l’interrogation tout au long de la journée de la vraie position minute du compte, intégrant par exemple les virements ou prélèvements émis dans la journée.
  • Avec les virements/prélèvements, nous héritons du fonctionnement des chambres de compensation en France où les échanges d’opérations SEPA ont lieu en continu mais sont arrêtées comptablement suivant des heures limite d’échange ; ceci empêche la réception immédiate d’un virement externe d’un compte à compte alors même que l’émetteur du virement est débité, car les opérations passent structurellement par des routes prédéfinies, en temps différé.

C’est pourquoi  l’ « instant payment », le nouvel instrument de paiement prévu pour 2017-2018, qui permettra d’avoir les échanges plus temps réel, est très attendu en France.

En conclusion, la perception du temps réel par les utilisateurs tient beaucoup à l’instantanéité et à la qualité des informations, notamment celle du solde du compte, délivrées par tous les canaux.

Les établissements bancaires y répondent en multipliant les canaux d’accès à une information centralisée, afin que celle-ci soit identique sur tous les canaux, et en améliorant la pertinence des données délivrées et particulièrement celle de la position de compte. Ils sont freinés cependant par le fonctionnement structurel des moyens de paiement en France, notamment pour les virements et prélèvements.          

Leur organisation doit évoluer pour distribuer de façon identique l’information en temps réel via l’ensemble des canaux mis à disposition.